les Algériens d'Ottawa

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Créé le : 12/12/2006 18:38
Modifié : 20/12/2006 23:15

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Un Algérien nommé Mourad l'Indien

13/12/2006 17:30



je vous présente ci dessous un reportage réalisé par mon frère Khalil , qui a été publié par le quotidien algérien "Info-Soir" et relayé par plusieurs website.

je vous laisse suivre cette belle histoire d'un algérien pas comme les autres.

Canada : « un Algérien nommé Mourad  l’indien »

 

 

 

Qui d’entre nous, ne se rappelle t- il pas  ce superbe  film d’  Elliot Silverstein, interprété  par  Richard Harris celui  d « ’un homme nommé cheval » ?    Qui avait passé de rudes épreuves pour épouser la fille du grand Manitou indien et intégrer la communauté  des Sioux.*

 

 Et bien, c’est également la même histoire pour cet algérois d’El Biar nommé Mourad l’Indien de son vrai nom Mourad Djemai (40 ans ) qui  vit  depuis 16 ans une belle histoire d’ amour avec une belle indienne   dans la  réserve de la Mistassini à la Baie James au nord du Québec.

 

 

Avant d’immigrer au Canada en 1988, Mourad avait vécu de courtes periodes au Danemark, au Groenland ; en Pologne puis en France en quête d’un destin favorable à ses desseins sans espoir. Face à ce destin contrarié et la complexité du parcours il troqua le rêve Européen contre  celui de l’Amérique du Nord  en mettant  le cap sur le Canada et s’établir dans la zone francophone du Québec à Montréal où il a déambulé durant  deux années sous l’effarant statut d’un sans papier, soumis  quotidiennement au stress  et  constamment hanté  par le scénario d’expulsion et le retour à la case départ. Cette situation aura duré deux années  avant que son chemin ne croise un merveilleux destin ; digne d’un conte de fées plein d’aventures, d’amour et de passion. Son fabuleux destin venait de lui tendre la main pour amorcer une  nouvelle  vie  que  peut-etre  aucun algérien n’a eu à connaître  à ce jour.

 

Un printemps  de 1990, les yeux de Mourad ont croisé le regard timide et innocent d’une jeune fille de souche indienne, étudiante en chirurgie dentaire à l’université de Montréal, intéressée elle aussi par le look de Mourad sous les traits d’un véritable indien, avec ses cheveux raide de couleur noir corbeau et son teint brun il incarnait la personne d’un vrai autochtone Amérindien.  Sally Trapper, puisque c’est d’elle qu’il s’agit, a ouvert son cœur pour découvrir  les intentions de ce garçon prodige venu de l’inconnu et qui ressemblait tant à ses cousins de la réserve indienne de la Mistassini de l’Amérique du Nord.

 

Limpide, sincère et naïf lui aussi, Mourad se vantait de son « algérianité », de son père révolutionnaire qui a chassé le France de son pays, de sa mère « khalti Sadjia» qui excellait dans l’art culinaire d’Algérie, de la chaleur familiale de ses frères et sœurs et de son quartier El Biar qui surplombe éternellement la belle baie d’Alger face à la mer méditerranée et qui incontestablement  représente une belle merveille du monde. Les larmes aux yeux, Sally Ttrapper a compris que c’était lui et rien que lui qui sera son futur élu pour le meilleur et pour le pire. 

 

Guidée par la doctrine indienne, elle lui proposa de lui présenter son père Williams Trapper qui s’avère être le grand chef spirituel de la tribu indienne de  la Mistassini qui se trouve à plus de 1000 km  au Nord du Québec dans la région dite de la baie James. Au terme de sa rencontre avec le grand chef , les youyous à l’indienne se sont fait entendre par toute la tribu pour annoncer l’accord favorable du grand Manitou qui a vu en Mourad le gendre idéal, plein de valeurs intrinsèques favorables à son intégration au sein de la communauté indienne. Cependant, Mourad posa deux conditions sine qua non pour son mariage avec Sally et sans lesquelles il rebrousserait chemin vers la case départ. La première  condition consistait à informer ses parents en Algérie afin de recevoir leur bénédiction et  la seconde de prononcer officiellement son mariage ‘halal’ en passant par l’Imam de la Mosquée de Montréal. Les Trappers  ont  ainsi admiré davantage Mourad pour son attachement aux principes et aux valeurs culturelles de ses origines qui se sont avérées proches des principes intangibles des indiens.

 

 

  Pour réussir son intégration, Mourad Djemai  va apprendre tous les réflexes d’un indien typique  pour devenir un vrai trappeur : chasseur de  caribou, préparant les pièges d’animaux, apprenant la pêche blanche (pêcher les poissons sous la glace), coupant du bois parfois à -60° et cherchant de l’eau potable, ou bien sillonnant en motoneige les grands espaces glaciales pour s’habituer aux grands froids et afin de se familiariser un peu plus avec l’univers des Indiens nord-américains. Mourad s’attela à apprendre rapidement leur langue . Et c’est ainsi que Mourad Djemai fut baptisé désormais Mourad l’indien par sa tribu d’adoption.

 

De l’union de Mourad et de Sally naquirent deux enfants Hicham Amir agé présentement de 15 ans et Zineb Amira âgée de 13 ans.

 

 

En vingt ans, Mourad a reçu une seule fois la visite de sa maman khalti sadjia qui est venue  à la baie James qui a séjourné  trois mois avec son fils dans la réserve indienne et c’est ainsi que les autochtones  goûtèrent   à tous les plats et gâteaux algériens qu’ils préparent encore aujourd’hui. Grâce à la maman de Mourad   le couscous est actuellement très prisé par la communauté indienne de la réserve de Mistassini.
Sa femme sally  prend soin de lui ; elle qui a profité du séjour de sa belle-mère Sadjia  pour s’initier à la cuisine algérienne ; elle  va tout faire  pour  aider Mourad à retrouver l´atmosphère de sa culture algérienne. Elle  lui prépare le couscous, les gâteaux traditionnels et même le pain maison. Sally s’est initiée à  la musique algérienne (chaabi et le Rai) qu’elle partage, en l’écoutant avec son mari.
Mourad est admiré de tout le monde parmi les habitants des réserves de la baie James. A la demande des autochtones et à travers des sondages, les gens ont  exprimé leurs choix et  ont désigne les personnes les plus méritantes de la communauté  indienne. C’est ainsi que chaque année, Hicham djemai  est classé  parmi les favoris de la société autochtone canadienne. CBC Nation, la chaîne de télévision qui diffuse dans toutes les réserves indiennes et à travers le Canada, lui a consacré plusieurs  de ses émissions.

Hicham Amir est une étoile du hockey, sport favori en Amérique du Nord. Avec son club des Cobras Pee-Wee BB de Lasalle, il a participé plusieurs fois à  la finale du tournoi de Beauport. Il a été désigné à cinq reprises meilleur joueur de sa discipline. En 2003 et 2004, il a été élu meilleur marqueur et champion de la ligue du lac St Louis.  A chaque fois que Hicham joue  les grands matchs il colle à son crochet  les deux drapeaux qu’il vénère tant à savoir  l’emblème de l’Algérie et celui du Canada. Tout récemment Hicham a accordé une interview à un magazine maghrébin de Montréal dans lequel il a annoncé  son rêve de monter une équipe de  hockey sur glace avec des ressortissants Algériens établis au Canada qui  pourront représenter l’Algérie aux jeux olympiques d’hiver.

 

 

Actuellement Mourad l’indien a hissé le drapeau algérien en plein cœur de la réserve indienne et ne cache pas son amour sans cesse grandissant à l’égard de notre beau pays tant et si bien qu’à chaque événement national ou communautaire il est présent avec sa femme et  leurs enfants pour  marquer son attachement indéfectible  à la mère- partie l’Algérie.

 

 

C’est d’ailleurs à l’occasion de la fête nationale du 5 juillet 2006, que Mourad, sa femme et leurs deux enfants, se sont déplacés au parc Jarry à Montréal pour célébrer cet événement national organisé par la communauté algérienne établie au Québec et à laquelle ont pris part également  notre ambassadeur à Ottawa Mr Smail Benamara et le Consul Général d’Algérie à Montréal  Mr Abdelaziz Sebaa.

 

En marge de cet événement, nous nous sommes   rapprochés auprès de Mourad qui a bien voulu accorder une interview exclusive  à Info Soir.

 

 

Info soir : Nos lectrices et lecteurs algériens voudront bien en savoir un peu plus  sur vous. Qu’est ce vous avez à leur dire ?

 

 

Mourad Dj : D’abord je les aime toutes et tous (rire) et la preuve en est, je suis présent aujourd’hui parmi les miens (la communauté algérienne) pour partager ma joie et celle de mes enfants qui ont bien voulu m’accompagner au parc Jarry pour fêter  le 44 eme anniversaire de notre indépendance nationale et Je suis très heureux d’avoir réussi a ancré l’amour de l’Algérie à mes enfants quoi qu’ils ne la connaissent qu’à travers mes propos et les photos.

 

 

I.S : Qu’est ce qui vous empêche de ne pas leur faire découvrir le Bled ?

 

 

Mourad Dj : En fait, rien ne m’empêche de réaliser ce rêve qui me tient à cœur depuis des années, c’est juste une question de temps et de moyens ( khouk zawali…ça roule juste juste …rire) et pi il n’ y a pas que ça, c’est la carrière sportif de mon fils Hicham qui me pompe beaucoup de mon temps et j’attends également avec impatience le déclenchement des vols air Algérie  qui vont bientôt mettre le cap sur Canada.

 

 

I.S : parlez nous de votre quotidien ?

 

 

Mourad Dj : Comme vous le savez, je travail actuellement avec une équipe de la chaine télévision de la CBC Nation qui prépare un documentaire spécial sur mon intégration parmi les autochtones indiens et le challenge de mon fils Hicham dans le monde du Hockey sur glace et tout récemment j’ai été contacté également par la chaîne Tv sportive canadienne RDS, pour réaliser un documentaire sur le talent de Hicham qui recèle selon l’expression de l’animateur de cette chaîne, du « Zidanisime ». Comme j’ai eu également un entretien avec Son excellence Mr Smail Benamara notre ambassadeur à Ottawa qui s’intéresse quand à lui  à la carrière fulgurante de Hicham et qui m’a proposé de le programmer pour un séjours en Algérie de concerte avec le ministère de la jeunesse et des sports et celui de la culture. J’étais très ravi d’entendre pour la première fois un officiel algérien me tenir des propos encourageants qui vont dans le sens de mon rêve.

 

Les projets pleuvent de partout ( rire), J’ai également reçu une communication d’un ami à partir d’Alger qui m’a informé que l’émission Tv « essaraha Raha » voudrait également préparer un reportage me concernant et bien sur, je ne dirai jamais non quand il s’agit de mon pays. 

 

 

S.I : le mot de la fin.

 

 

Mourad Dj : Quand j’ai quitté le pays, j’ai laissé derrière mois 4 ou 5  journaux ; je peux les citer (el Moudjahid, echaab, actualité et el Hadef). Aujourd’hui,  Dieu merci,  il y’en a des dizaines,  dont, votre aimable quotidien Info Soir que je salue et lui souhaite une très longue vie, cela révèle donc du grand  changement qui s’opère chez nous et que j’aimerai bientôt le découvrir avec ma femme et mes enfants qui ont hâte eux aussi à matérialiser  mes propos tant élogieux à l’égard de notre belle Algérie.

 

 

                                                          Par  Khalil Errahmane.

 

 




 
 



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